
Les pitres
J’aurais beau feuilleter de somptueux textes,
Sermons, partitions, calligraphies complexes,
Si je n’ai pas Les Lunettes, je ne lis rien.
J’aurais beau traverser des cathédrales sans âge,
De superbes musées, de sublimes paysages,
Sans Les Lentilles, je ne vois rien.
J’aurais beau me munir de produit lustrant,
De cire d’abeille ou bien de décapant,
S’il me manque Le Chiffon, je n’essuie rien.
Et le cuivre résonne en place de briller
Dans l’Absence personne ne m’entend crier
Lorsque l’éther s’emplit de trilles mélodiques,
Chorales, symphonies, homélies ou cantiques,
Sans L’Oreillette, je n’entends rien.
Et si devant des mets délicieux je m’attable :
Un bouquet d’Ambroisie, des hosties délectables,
Sans Le Dentier, je ne mange rien.
Si je manque de Foie je digère très mal
Et mes crises des fois m’emmènent à l’Hôpital
J’aurais beau préparer un quelconque voyage
Vers la boulangerie ou un pèlerinage,
Sans La Canne, je n’avance point.
J’aurais beau rencontrer des filles séduisantes,
Mignons séminaristes ou femmes accueillantes,
S’il me manque L’Amour, je n’érige rien.
Est-ce L’Amour de Dieu ou bien de son Prochain
De sa Prochaine c’est mieux … et Là je m’y sens bien
Même en naviguant l’océan de L’Amour
De La Sérénité, du Partage en retour,
Sans Le Yacht, je n’embarque rien.
… / …
… / …
Sans Le Micro on ne m’entend point