

Ode à Murphy
I) Des gens deviennent gâteux.
En se rompant une artère
Par trauma, par coup de vieux,
En chopant un Alzheimer.
Pour moi, c’est pas beaucoup mieux :
Je vais devenir grand-père !
II) Un gosse avec un cartable
Me fait pleurer comme un veau ;
Même s’ils sont insupportables
Je pardonne aux marmots ;
Et je trouve délectables
Les pubs pour les petits pots.
III) Je me replonge en cachette
En bibliothèque rose :
Oui-Oui et le clan des sept,
Me font friser l’overdose.
J’écoute en boucle des cassettes :
Chantal Goya me repose.
IV) Je veux dès son plus jeune âge
Transmettre mes expériences :
Ma passion du bricolage,
Du football et de la danse,
De la chasse, du repassage …
Pour guider son existence.
V) Nous avons tant réussi
L’éducation de notre fille
Qu’l’enfant aura bon esprit
Et une nature gentille.
Nous nierons, s’il pousse des cris,
Que c’est un trait de famille.
VI) Pourtant on nous crie « pas touche ! »
Aux critères d’éducation ;
On nous pousse sur la touche
Quant au choix du prénom.
Ce n’est qu’aux changements de couches
Qu’ils nous solliciteront.
VII) Je note avec impuissance
Le déclin de mes fonctions.
Un combat perdu d’avance,
Mais persiste une question :
Quelle est, après la naissance,
La vitesse d’aggravation ?