

Vieil air vieillot
On prétend qu’au temps de nos grands-mères
Nous ne souffrions pas de grands maux.
Que les celliers de nos grands-pères
Regorgeaient de jarres et de grands pots.
Que coulaient le lait, le miel, la bière ;
Qu’aux alentours les champs étaient bios.
Les mêmes disent qu’à l’âge de pierre
Cro-Magnon n’était pas salopiau ;
Qu’il connaissait les bonnes manières,
Et se comportait comme un agneau ;
Dans sa grotte, comme propriétaire,
N’effaçait pas les arts pariétaux.
Ces propos me mettent en colère
Comme les inepties d’un alcoolo
Croire qu’il n’y avait ni tensions ni guerres
Qui l’affirme est un grand nigaud
De tous temps les hommes se lamentèrent
Sauf en cas de troubles mentaux
J’ignore pourquoi ces temps d’hier
Sont célébrés par autant d’idiots
Car nous subîmes pendant des ères
Les caprices de la terre et des eaux.
Nos aïeux avisés inventèrent
Les toits, les murs et leurs ventaux.
Et les protections élémentaires
Les paratonnerres et les manteaux ;
Les outils du travail de la terre :
Le pic-pioche, la pelle et le râteau ;
L’eau courante avec le gaz pas cher,
La nouvelle cuisine et le gaspacho.
Le nucléaire, la pissaladière,
La télévision après la radio,
L’embrayage avec la marche arrière,
L’hypermarché avec ses chariots,
Le mondial de foot, les sports d’hiver
Et la presse de caniveau
Mais de nouveaux maux s’invitèrent
Diabète, infarctus, problème vitaux.
Les trois-huit, le paysan sans terre,
Le hamburger de chez Monsanto,
Le wagon plombé, la bétaillère,
La chasse à courre on l’on crie Taïaut !
On manque depuis de repère
Y réfléchir n’est pas de tout repos.
Ceux qui embarquèrent pour Cythère
Ne débarqueront pas de sitôt.
Faudrait-il réciter « notre père »
Avant que de risquer notre peau ?
Pour garder les idées plus claires :
Ne conservons pas les deux yeux clos :
Luttons contre la faim et la misère,
La censure avec ses grands ciseaux,
Pour l’équité - les deux font la paire -
Des sexes et couleurs de la peau.
Nous reste-t-il des progrès à faire ?
Retroussons nos manches car ce n’est pas faux.
Si l’on veut sortir de la galère,
Faut s’y atteler au grand galop.
Dans ma tête ces idées trottèrent…
Mais je me recouche car il est trop tôt.